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By The Window

En fait il n'y a pas grand chose à dire. Merci pour les commentaires divers auxquels je n'ai pas répondus, je le ferais demain.

Parce que je viens de terminer le dernier épisode de Ichi Littoru No Namida, et que j'arriverais pas à m'endormir - mais je n'arriverais pas à dialoguer non plus, j'ai allumé msn pour rien, et de toute façon personne n'est connecté, à deux heures du matin. Ou personne avec qui je parle - encore.

J'ai mal au crâne à force d'avoir pleuré. C'est censé être qu'un bête drama, une série avec des dialogues écrits à la chaîne. Avec des japonais qui jouent mal. Et pourtant. Et pourtant...

Ca faisait longtemps. J'ai encore de lourds sanglots dans le ventre.

Des images plein la tête.

Des paroles...






Live on.

2.1.06 02:01


Ichi Littoru no Namida

[20six m’efface mes notes. Ca me fait un peu mal.]


Petit lexique pour les gens qui ne connaissent pas


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Drama : téléfilms ou séries japonaises, plus ou moins médiocres, souvent destinés à promouvoir des jeunes acteurs, chanteurs, mannequins, etc.
Ichi littoru no namida : un litre de larmes.


 


Ca faisait des mois que Freya nous rabâchait que c’était génial, « allons bon », je me disais, et puis finalement, après avoir regardé dix épisodes à la suite et m’être couchée à cinq heures et demi, je m’incline.


 


Ichi littoru no namida est inspiré d’une histoire vraie. Et ce qui est le plus étonnant, c’est qu’à part un acteur (personnage secondaire, Dieu merci), ils jouent juste. Je répète : ce sont des japonais qui jouent dans une série populaire et ils jouent juste !


 


C’est donc l’histoire d’Aya-chan (je me souviens même plus de son nom entier… Ayaka ?), jeune fille vive et enjouée, toujours de bonne humeur, généreuse, d’une gentillesse écoeurante. Douée en classe et membre de l’équipe de basket, elle soupire (presque) secrètement pour son sempaï (par ailleurs très laid), également membre de l’équipe. Assidue et aimable, elle est aussi l’aînée d’une famille de quatre enfants… le pire, c’est que sa famille est d’origine modeste ! Son père fabrique du tofu et nourrit vaillamment sa famille, sa mère est « hygiéniste » (à ce que j’ai compris c’est une sorte d’assistante sociale qui va chez les prolétaires pour leur dire comment manger, comment nettoyer et comment éduquer leurs enfants…), et ça a pas l’air de rapporter beaucoup…


 


On aurait donc envie d’assommer l’héroïne à coup de louche s’il n’arrivait pas quelque chose de cruel (ouf !) : Aya commence à avoir des troubles de la vision, des pertes d’équilibre (la prochaine fois, je compte le nombre de chutes du premier épisode)… Après quelques examens, le verdict tombe : elle est atteinte d’une maladie qui touche les nerfs, type sclérose en plaque, qui se manifeste jusqu’à quinze ans. Elle est incurable ; son évolution est incertaine (des mois ? des années… ?) mais une chose est sûre : Aya finira paralysée, incapable de marcher, de bouger, de parler et finalement de penser ou d’ouvrir les yeux.

(edit : Freya me dit qu'à ce qu'elle a compris, c'est pire : elle sera incapable de bouger mais son cerveau reste actif...)

Intermède, voilà Aya :


 



(la vraie jeune fille n’était pas aussi jolie… Rah, les lois sévères du drama !)


 


Nous suivons donc l’état d’Aya, qui se dégrade d’épisode en épisode. L’histoire se déroule sur environs trois ans, jusqu’au moment fatidique…


 


Mais parlons plutôt de Haruto Asou. Asou-kun est un lycéen de la classe d’Aya, un peu rebelle, séchant les cours et les examens. Un étrange mystère tourne autour de la mort de son frère… C’est le type même de l’adolescent en crise : parents médecins, bourrés de fric mais absents, énormes capacités mais dégoût des études, etc. Tout l’oppose à Aya (elle essaye de se faire aimer de sa classe mais sa perfection touche peu, et lui c’est le contraire, aucune envie d’être sociable et pourtant tout le monde lui obéit au doigt et à l’œil… on peut pas tout avoir !) mais peu à peu, les deux jeunes gens se rapprochent. D’une part, parce que Asou aide (bien malgré lui) Aya plusieurs fois, d’autre part parce qu’ils sont tous les deux intriguant : l’un garde le secret de la mort de son frère, l’autre parce qu’elle garde le secret de sa maladie.


 


Vous l’aurez deviné…



 


Asou-kun est joué par Nishikido Ryo, depuis longtemps adoré par Freya… J’avais une très mauvaise image de lui, à cause de ses groupes (que j’écoute, d’accord, mais si on est objectif, c’est terrifiant, ces boys band japonais), d’autres part à cause de son image d’idole…

Un exemple (à gauche) :



Voilà.

Mais dans ce personnage... Il joue vraiment pas mal, en plus… Et son personnage, mon dieu, son personnage !



 
Il finit par irradier l'écran ! Il devient de plus en plus chaleureux, de plus en plus fort...




D’autres personnages bien dans la série : d’abord, la sœur d’Aya ! Elle, elle est bien, parce qu’imparfaite. Caractère pourri, toujours de mauvaise humeur, et mauvaise en cours ! Mais dotée d’un très bon fond, elle a juste du mal à l’exprimer, cette petiote.


 


 


 


Ensuite, le médecin, ! Censé être neurologue, mais miraculeusement présent dès qu’Aya arrive à l’hôpital (il est parfait, il a donc le pouvoir de transplaner… vive lui !)


Il est jeune, beau, brillant, et c’est lui qui conseille à Aya d’écrire un journal, afin de mesurer l’évolution de la maladie. C’est également lui qui persuade les parents de dire la vérité à leur fille… Il est le confident, le sage. En fait il tente de régler une dette et de réparer, avec Aya, les erreurs commises avec son premier patient…






Bon, c’est bateau au départ comme histoire, mais y’a des scènes qui touchent tout simplement, encore plus si on a déjà été concerné (entourage...) par les maladies graves. Ce sont des thèmes plutôt ordinaires : un secret finit toujours par suinter, connaître sa maladie, c’est savoir la combattre, la maladie rapproche-t-elle les gens ou les éloigne-t-elle ? Est-ce qu’on peut aimer quelqu’un de malade, de brisé ? Comment réagir quand on sait qu’on a plus soixante ans devant soit, mais seulement trois, et qu’on a encore rien vécu de la vie… ? Est-ce qu’il faut tout arrêter ou pas ? Est-ce qu’on peut continuer à vivre avec les gens en bonne santé ou est-ce qu’il faut finir par reconnaître qu’on ne fait plus partie du même monde ?


 


La relation entre Asou et Aya… les parents d’Aya sont compréhensifs, mais ils la surprotègent. Les amies d’Aya l’aiment toujours, mais la considèrent comme une malade. Asou est le seul à la comprendre : elle est malade, mais elle est encore forte, elle a le droit de vouloir être utile aux autres, si elle le désire.

La grande question pour moi est : est-ce qu’Asou serait tombé amoureux d’Aya si elle ne s’était pas révélée malade, condamnée… ?


 


Presque vaincue, brisée, pâle, Aya craque, dans les bras de sa mère qui la console, impuissante. Entre deux sanglots, elle étouffe des hurlements : « Maman, sauve-moi, sauve-moi… » … La mère acquiesce tout en la frictionnant et finit par se lever, tire un tiroir, en sort des prospectus. « Tu peux aller en université, regarde, tu peux faire plein de choses, même comme ça. Tu écris, tu crois que les gens qui peuvent encore courir savent écrire des choses comme toi… ? On va trouver, si tu veux faire des études, si tu veux faire quelque chose, tu le peux. » Finalement, le miracle, c’est le rêve, la capacité de ressentir, le dynamisme que donne l’espoir.

… donc, vive les drama, et en plus, en sous-titré anglais, ça fait progresser.


 


Merci Freya ! :]

26.12.05 01:09


Je cherchais des textes sur John Locke et je notais les dangers qui menaçaient une démocratie quand je me suis égarée... et j'ai atteri .

Terrible. Je dévore, et l'envie grimpe, monte et monte encore : repartir en Chine. Plein de scènes absurdes me sont revenues en mémoire, comme celle du train. Au départ de Shanghai, nos esprits imaginent le pire, les blattes auxquelles nous avons échappé dans les hotels viennent nous taquiner dans les wagons, le sol tremble plus qu'il ne devrait, le train déraille, la saleté encrasse les murs : le pire pour n'être que confronté à l'imaginaire, ou au contraire, être soulagé.

Méfiants. Et en fait, tout est blanc, propre et pimpant, les matelas et les compartiments cent fois plus agréables que dans le train Marseille-Bordeaux... Tout le monde se repartir dans le désordre : quatre personnes à chaque fois, ça pose problème, et les plus grands qui cachent leurs bouteilles d'alcool dans leurs sacs échangent avec nous pour se retrouver le plus loin possible de l'autorité compétente. Grands fous rires, on s'entasse à quinze dans les cinq mètres d'espace, on joue à des jeux stupides, Xian et moi remplissons allégremment nos cartes postales. Des chinois passent et un silence s'installe, pendant que nous nous regardons, effarés : la révélation est douloureuse, l'accent pékinois est vraiment... particulier. Les clans se forment : ceux qui aiment le cantonnais, ceux qui portent une affection toute particulière à l'accent de Beijing, parce qu'il faut avoir du mérite pour parler toute sa vie comme si on avait un beignet chaud dans la bouche, ceux qui sont tombés amoureux du chuchotement shangaien (j'en fais partie).

Les blagues douteuses, les allusions, les potins, les histoires de coeur. Et juste au-dessous de nous, une jeune fille qui vient d'Allemagne, mais dont la mère est française, et qui nous parle dans notre langue quasiment sans accent. Elle nous raconte ses épopées à travers la Chine, ses études, son dernier voyage en train, debout pendant cinq heures, compressée d'un bout à l'autre entre une mère et son enfant et un boucher dont les paquets de viande s'entassaient en pile, le sang et l'eau s'écoulant de la chaire et formant une flaque rougeatre et suintante aux pieds des voyageurs.

Nos longues files indiennes dans les couloirs. Des hommes et des femmes qui nous arrêtent pour nous demander des photos avec eux, nos regards gênés, la prof qui circule en disant que oui, c'est bien, il faut parler, et nous pousse presque vers les inconnus, toute rêveuse qu'elle est. Le wagon restaurant calme, à la lumière orange, nous nous pressons les uns contre les autres pour tenir sur la banquette. Les verres de coca si peu chers qu'on en rit en tendant nos yuans. La carte avec des plats bizarres qui nous dissuadent aussitôt de nous servir.

Le matin, la lumière grise, je m'étouffe en relevant le rideau. C'est laid et terne, il y a des grillages et des immeubles qui sont des cubes gris, ça sent la pauvreté, la misère. Nous avons quitté Shanghai, mini Tokyo, longues avenues électrifiées et lampadaires multicolores, et arrivons à Beijing, gigantesque goulag aux premiers abords...

Nos trois visages quasiment écrasés contre la vitre. Nos prières amusées pour que la cité interdite soit vraiment belle. Nos frissons en descendant la marche, les manteaux qui se referment aussitôt, nos chapeaux, nos mouffles, nos prières pour aller plus vite, plus vite, jusqu'au bus, des protestations juste pour la forme car finalement, la curiosité l'emporte et que des promenades s'imposent. La magie continue, les tableaux, cette ambiance si particulière, mêlant la pureté omniprésente des signes et la misère des constructions, les jeunes dames à la mode tirant leurs petites valises élégantes, aux yeux aussi ronds que ceux des pères de famille sont étirés, leurs visages aussi lisses et hautains que ceux des vieillards sont ridés, tracés par des milliers de sillons et leurs cheveux blancs.

Quinze degrés ont disparu, nos yeux s'égarent partout sur le devant de la gare.

[...]


4.11.05 11:21


Plainte matérielle [... nécessaire au spirituel ?]



Admettons, au moins cher :


Avion : 980 euros.

Auberge : 15 euros par nuit (donc environs 225 euros, arrondir à 230)


Frais de survie : 200 euros ? (je me sens d'un optimisme qui frise la naïveté)


Frais transports : beaucoup d'euros même si ça va être à pattes la plupart du temps.


Frais pour moi : ... au moins 400...

En enlevant frais pour moi et frais de transports :

1410 euros

Avec la meilleure volonté du monde, je ne vois pas comment je peux y arriver, et comment l'autorité compétente pourra accepter des chiffres aussi énormes - malgré tout son désir de me voir partir là-bas, ouste.

Si quelqu'un étant parti là-bas récemment a la gentillesse de m'indiquer délicatement le chiffre à réserver aux transports et aux frais de survie, je le remercie d'avance.

25.10.05 13:55


Aujourd'hui, Ludi part. Confrontée pour un mois à ce quelque part que nous convoitons. Inquiète, je le comprends. J'attends son retour [et celui de Kouki qui part plus tard, d'ailleurs, je dois la voir et lui donner l'argent pour l'album des virguliens qui aura été directement acheté là-bas], juste pour savoir.

Déçue, ou non... ?

30.6.05 18:08


"La Corée, c'est beau aussi... La langue est jolie, tu sais. Très jolie, beaucoup plus aquatique que le chinois. Regarde, je lisais les paroles de Knife et c'est beau..."





"Regarde, ça se voit que c'est différent encore, ça se voit ! Et rien que les robes... tu sais, dans Ivre de femme et de peinture, les dames avaient des robes beaucoup plus amples, faisant plus penser à nos robes de la renaissance qu'aux robes et à certains kimonos etroits... C'est étrange, non ?"





"Mais écoute, écoute, c'est juste beau, non ?"



Je me suis arrêtée en voyant les yeux du paternel s'ouvrir, grands comme des soucoupes.

"Tu vas apprendre le coréen, aussi ?"

Je me suis retenue de lui répondre : "et pourquoi je ne le ferais pas ?"

J'ai juste souri.

"Oh, plus tard, peut-être..."

Un jour, j'apprendrais le coréen aussi.

27.4.05 01:09












[avec notre jolie guide]
22.4.05 21:54


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